Chanteuges
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Mairie de Chanteuges dans le Haut-Allier

Petit patrimoine

Histoire d'eau

Autrefois, c’est-à-dire bien avant que l’eau n’arrive au robinet de chaque foyer, les fontaines étaient, avec les puits et les cours d’eau les seuls lieux d’alimentation en eau potable.

Souvent situées au centre d’une place associée avec un lavoir, elles constituaient alors un lieu majeur de la sociabilité villageoise, un lieu d’échanges, de discussions et parfois de conflits, vers lequel convergeaient principalement les ménagères et les enfants, au moins deux fois par jour, le matin et le soir. 

La fontaine publique, autrefois symbole d’urbanisme, voire d’hygiène, exigeait un investissement, en travail, en argent, payé par tous pour en assurer la pérennité (un effort important à été fait par la municipalité de Chanteuges pendant les mandatures des anciens maires FOULHY , BOISSIER).

Aujourd’hui, si les fontaines ont perdu leur usage domestique bien qu’elles soient encore utilisées par les agriculteurs elles n’en restent pas moins des éléments appréciés du patrimoine communal.

Les fours à pain

A une époque où il n’existait ni boulangers, ni boulangeries, le four à pain avait une importance considérable. Chaque village possédait le sien, bâti sur le " couderc", le pré communal.  On distinguait trois sortes de fours: les fours banaux, les fours sectionnaux et banaux, et les fours individuels. 

Les premiers étaient la propriété des puissants, des seigneurs  et il fallait, pour les utiliser  s’acquitter de certaines "banalités" , autrement dit de certaines taxes, comme le «fournage» qui consistait à abandonner au maître des lieux une partie de la fournée.

Les seconds, les fours sectionnaux, étaient réservés à certaines communautés villageoises.

Quant aux derniers, de dimensions nettement moins importantes que les autres, ils appartenaient  à des familles aisées qui, parce qu’elles voulaient éviter toute promiscuité avec le bas peuple, les avaient fait construire à leur usage exclusif, à l’intérieur même de leur propriété.

Généralement, c’est la maîtresse de maison qui se chargeait de la fabrication du pain. Elle commençait par pétrir un mélange de farine, de levain, de sel et d’eau, jusqu’à obtenir une pâte consistante. Puis, avec cette pâte, elle confectionnait des boules,  des « pâtons», qu’elle marquait d’une croix ou d’un autre signe distinctif avant de les placer dans de petites panetières en osier tressé appelée « paillasses ». Ensuite, elle rassemblait toutes ces «paillasses », et se rendait au four.

Le four, allumé depuis plusieurs heures déjà, était maintenant à la bonne température comme on pouvait en juger à la couleur des briques qui, du rose, était passée au blanc. Il ne restait donc plus qu’à enfourner un à un ses «pâtons», à l’aide d'une pelle en bois à long manche, et à patienter jusqu’à la fin de la cuisson.

La cuisson terminée, une fois les pains sortis du four, la maîtresse de maison se devait d’accomplir encore une tâche: récupérer, à l’aide du "retable" , sorte de racloir, toutes les cendres. Car à cette époque, on ne laissait rien se perdre. Pas même les cendres qui étaient utilisées pour conserver les saucissons, laver le linge (eh oui laver le linge), ou encore comme engrais.

"Métiers à ferrer"

Il subsiste à Chanteuges 2 métiers à ferrer les boeufs, un se trouvant sur la place de la fontaine à la Vialle et l'autre en plein coeur du village de Bourleyre

Le boeuf est l'animal de labour et de trait le plus utilisé dans les campagnes de la région.
Sous son abri, le maréchal ferrant peut oeuvrer en toute tranquilité.

"Ferrer" signifie mettre des protections aux sabots des animaux notamment des boeufs ou des chevaux pour les protéger lorsqu'ils allaient travailler dans les champs ou en forêt.

Autrefois appelé "Travail" car il ne reposait que sur trois poutres ou pieux, cet abri ou "Cage" pour ferrer les boeufs est aujourd'hui connu sous le nom de "Métier".

Le Métier à ferrer est construit avec quatre poutres. La taille des ces poutres ou pieux est très importante pour pouvoir supporter le poids de ces énormes bêtes et surtout résister au mauvais temps et aux champignons.

Ces poutres sont en chêne. La solidité et la qualité du bois utilisé fait que 200 ans après, nous pouvons toujours admirer ce "Métier".

Nous vous faisons ici une petite description rapide de l'architecture. En effet, les quatre poutres verticales sont solidement ancrées au sol et réunies l'une à l'autre, en haut, par quatre autres poutres plus petites que l'on appelle des "solives".

Pour consolider le tout, on trouve à chaque angle, une petite poutre oblique appelée "gousset".

Les deux piliers avant sont munis de courts chevrons en bois à cinquante centimètres environ du sol et destinés à l'appui des pattes avant de l'animal.

Ces "métiers" sont généralement protégés des intempéries par un toit à une ou deux pentes selon qu'ils sont ou non accolés à un mur. En l'occurence, ici, le métier à ferrer dispose de deux pentes.

Nous allons maintenant vous expliquer comment est utilisé ce "métier".

Il faut d'abord préparer l'animal pour le rendre inoffensif afin qu'il n'ait pas peur pour ne pas le blesser ni abîmer ses cornes. On fait pénétrer le boeuf en avant dans le couloir et l'on coince sa tête sous la partie amovible, puis on lui passe des sangles autour du corps, on attacha chaque patte avec une corde afin de pouvoir les soulever les unes après les autres pour que le maréchal ferrant pose le fer.

A l'aide d'un "rogne pied" et de la "mailloche", le maréchal ferrant enlève le surplus de corne sur la partie inférieure du sabot. On dit qu'il "abaisse la muraille" afin que l'animal puisse poser correctement la patte sur le sol.

Ensuite, avec une râpe, il finit d'égaliser la "sole" qui correspond à la plante du pied.

Les maisons vigneronnes

L’architecture des maisons de vignerons est surtout marquée par la présence d’un escalier extérieur principal parallèle  à la façade. Cet escalier permet d’accéder à un perron désigné sous le terme d’estre.

Ce perron est protégé par un auvent constitué habituellement par un débord du toit reposant sur plusieurs potelets en bois. Intégré dans l’escalier, se trouve une loge  avec accès  parfois à la cave. 

Les cabanes de vigne ou tzabonnes

Ces petites constructions fleurissent dans le paysage. Cabane de vigne, habitat secondaire et temporaire du vigneron,  elle sert à entreposer un peu de matériel et à s’abriter en cas d’intempérie.

L’architecture de cet édifice reprend les techniques et les matériaux des maisons de pays.

Les Lavoirs

Longtemps la lessive s'est faite au bord de la rivière sur une pierre inclinée ou une simple planche et sans abri.

A la fin du XVIIIème siècle, un besoin d'hygiène croissant se fait sentir à cause de la pollution industrielle et des épidémies, on a ainsi vu apparaître les premières construction de lavoirs.
Cela s'est accentué avec la loi du 3 Février 1851 qui vote un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30% la construction des lavoirs.
Certains confèrent au lavoir l’allure d’un petit temple où s’incarne la part des lavandières elles-mêmes dont la tâche répétitive et souvent épuisante se trouve valorisée, presque sacralisée, par un édifice remarquable.

Les cancans du lavoir

Témoins des grands et petits moments de nos villages, les lavoirs évoquent le souvenir d'une époque révolue et rappellent le dur labeur de nos grands-mères.
Le Lavoir est un lieu éminemment social dans chaque village. C'est l'endroit ou les femmes se retrouvaient une fois par semaine ou plus et où l'on échangeait toutes les dernières nouvelles du village voire de la région.
On y chantait :
"Tous les jours moins le dimanche on entend le gai battoir,
battre la lessive blanche dans l'eau limpidide du lavoir"

Refrain d'une chanson de Pierre Dupont (1848)

Qui se souvient des lavandières ?

Désormais dans les lavoirs désertés, il n'y a plus que le bruit de l'eau. Elle chantonne
dans le volume, sans plus jamais être tressée de voix et de regards, elle court de bac en
bac, limpide, et n'emporte plus de traînées savonneuses.

Le secret de la lavandière

Fabrication d'un savon "comme grand-mère"

Ingrédients

Un demi verre d'eau

Un verre de suif de boeuf

Deux cuillères à soupe de cristaux de soude


Immerger lentement les cristaux de soude à chauffer.
Faire ramolir le suif.
Mélanger et battre jusqu'à obtenir une crème homogène.
Verser dans un récipient et couvrir d'un carton.
Démouler après une journée puis laisser durcir deux à trois semaines.

La lessive

 La lessive se faisait à la cendre de bois, celle de chêne et de châtaignier était évitée car sa forte teneur en tanin pouvait tacher le linge.
Des boules de bleu plongées dans l'eau de rinçage rendaient le linge d'un blanc étincelant.
Des racines de saponaire jouaient le rôle d'assouplissant.
Parfois des rhizomes d'iris servaient à parfumer la lessive.